🇫🇷 Vers une vignette automobile pour financer l’entretien des routes ?

Un comitĂ© d’experts a Ă©tĂ© chargĂ© de plancher sur l’Ă©tat de nos routes. Parmi les pistes envisagĂ©es pour trouver l’argent nĂ©cessaire Ă  leur entretien : la crĂ©ation d’une nouvelle vignette automobile. Nos politiques ont de l’imagination pour dĂ©corer nos pare-brise. Après la vignette « vieux » imaginĂ©e en 1957 pour financer les retraites, la vignette Crit’Air lancĂ©e en 2016 pour signaler les vĂ©hicules les moins polluants, bientĂ´t une vignette anti-nids-de-poule ? Selon nos informations, les experts missionnĂ©s par Elisabeth Borne, la ministre des Transports, planchent sur cette hypothèse pour renflouer le budget d’entretien du rĂ©seau routier. Leurs conclusions seront rendues le mois prochain. « Les trains payent une redevance Ă  SNCF RĂ©seau pour l’usure des rails, mais les vĂ©hicules lĂ©gers passent et repassent sur les routes sans rien verser », explique HervĂ© Maurey, sĂ©nateur (UDI) de l’Eure et membre de cette instance. Pour l’Ă©lu, il y a urgence : « Notre rĂ©seau routier est en danger. Il est temps de tirer la sonnette d’alarme avant qu’il ne soit trop tard. »

L’Ă©tat des routes se dĂ©grade . La France, qui Ă©tait en pole position du classement mondial, a depuis dĂ©gringolĂ© Ă  la septième place : les autoroutes Ă  l’asphalte bien lisse mais aussi les petites routes de campagne au cordeau qui ont fait la rĂ©putation de notre pays se dĂ©gradent. Un exemple : la moitiĂ© du marquage au sol, absent, effacĂ© ou mal adaptĂ©, est jugĂ© non performant. « Cela pose notamment un problème de sĂ©curitĂ© », insiste le sĂ©nateur centriste. Un constat d’autant plus inquiĂ©tant que les chiffres de la mortalitĂ© sont mauvais : ils sont en hausse depuis 2014, une première depuis 1972. Vers une vignette automobile pour financer l’entretien des routes ? « Il ne faudrait pas avoir un hiver trop froid cette annĂ©e, prĂ©vient de son cĂ´tĂ© Pierre Calvin, prĂ©sident de l’Union syndicale de l’industrie routière française (USIRF). Avec le gel, l’Ă©tat actuel des couches supĂ©rieures des routes pourrait provoquer de gros problèmes ! » Il y a des dĂ©gradations Ă©videntes, comme l’apparition de nids-de-poule, d’autres moins. A force de pluie et de passage de poids lourds, le bitume perd par exemple en adhĂ©rence, avec le risque pour les conducteurs de finir dans le dĂ©cor au premier virage. La cause de ce mauvais Ă©tat gĂ©nĂ©ral ? Une diminution des crĂ©dits d’entretien. Les industriels de la route affirment avoir perdu 30% de leur activitĂ© en cinq ans Ă  cause du dĂ©sengagement de l’Etat et du manque d’argent consacrĂ© par les mairies et les conseils dĂ©partementaux Ă  ce patrimoine. « Dans un contexte d’argent public rare, la tentation est forte de se passer de l’entretien, une annĂ©e, puis deux… Ça ne se voit pas, exactement comme la toiture d’une maison, explique HervĂ© Maurey. Mais attention, après dix ans, il pleut dans le salon. Dans le cas des routes, c’est un très mauvais calcul. Une fois le rĂ©seau endommagĂ©, il devient beaucoup plus coĂ»teux de le remettre Ă  niveau. » Le montant Ă  rĂ©cupĂ©rer par le biais de cette vignette anti-nids-de-poule est estimĂ© entre 3 et 5 Mds€ par an. A raison de près de 40 millions de voitures en circulation, il faudra peut-ĂŞtre dĂ©bourser entre 75 et 125 € par vĂ©hicule. Selon nos informations, les experts rĂ©flĂ©chissent Ă  d’autres sources de financement : augmenter la taxe sur l’essence, facturer au kilomètre la circulation des camions comme des voitures, pourquoi pas en utilisant la gĂ©olocalisation. « On pourrait tout Ă  fait envisager un cocktail de ces mesures », glisse un spĂ©cialiste.