🇫🇷 Oise : 200 chasseurs assermentĂ©s vont Ă©pauler les forces de l’ordre

D’ici Ă  fin janvier, 200 chasseurs de l’Oise assermentĂ©s par la gendarmerie pourront patrouiller dans les bois pour prĂŞter main-forte aux forces de l’ordre. D’ici fin janvier, les Chasseurs vigilants devraient ĂŞtre opĂ©rationnels dans le dĂ©partement de l’Oise. CalquĂ© sur le modèle des Voisins vigilants, ce dispositif inĂ©dit en France donnera Ă  une brigade de 200 chasseurs un accès privilĂ©giĂ© aux forces de l’ordre. « Nous serons un peu les RG des campagnes », sourit Guy HarlĂ© d’Ophove, prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration des chasseurs de l’Oise, qui compte 18 000 adhĂ©rents. Luc Vandenabeele, trĂ©sorier de l’association et prĂ©sident de l’association de chasse d’Anserville, près de MĂ©ru, est Ă  l’origine de l’idĂ©e. « Il y a trois ans, Ă  la suite de vols sur nos parcelles, nous avions menĂ© notre propre enquĂŞte, installĂ© des camĂ©ras, explique-t-il. Cela a permis Ă  la gendarmerie d’arrĂŞter les auteurs, qui ont Ă©tĂ© condamnĂ©s. » Voitures abandonnĂ©es, dĂ©pĂ´ts d’ordures sauvages, braconnage, vĂ©hicule suspect… « Et pourquoi pas aussi aider aux recherches des personnes disparues ? Nous sommes sur le terrain, nous pouvons rendre service, poursuit Luc Vandenabeele. Une fois, j’ai mĂŞme retrouvĂ© un coffre-fort volĂ© en plein milieu d’un bois ! » En composant le 17 et en donnant un code d’identification, les Chasseurs vigilants auront un lien direct avec les autoritĂ©s. 400 se sont dĂ©jĂ  portĂ©s volontaires Un pis-aller au manque d’effectifs chronique qui touche les forces de l’ordre. « Pour 687 communes, nous avons 1 119 gendarmes au lieu de 1 175 personnels initialement prĂ©vus », prĂ©cise le capitaine Lecacheur. Ce qui fait bondir la Ligue des droits de l’homme de l’Oise, qui demande au gouvernement de « cesser la casse du bien commun plutĂ´t que de faire insidieusement appel Ă  une milice en tenue de camouflage ! » Si certains chasseurs parlent d’acte civique, d’autres craignent les dĂ©lations. « Ce nouveau rĂ´le va sĂ»rement renforcer leur impunitĂ© dans de nombreux domaines. Pour moi, 80 % des chasseurs sont peu scrupuleux », lâche un ancien agriculteur de 60 ans, tĂ©moin d’actes de braconnage par ses compères. Mais la fĂ©dĂ©ration des chasseurs se veut rassurante : « Nous faisons un premier tri, puis c’est la gendarmerie qui sĂ©lectionne les candidats. » Première des conditions : ne pas avoir de casier judiciaire. « Une personne n’a justement pas Ă©tĂ© retenue la semaine dernière Ă  cause de ça, on ne va pas choisir n’importe qui ! » Environ 400 chasseurs se sont portĂ©s volontaires, selon la fĂ©dĂ©ration, et « 110 ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s ». Ils seront donc 200, dans un premier temps. « Nous voulons couvrir toute l’Oise, assure la fĂ©dĂ©ration. Un pour trois communes, c’est bien pour commencer, nous verrons ensuite s’il faut dĂ©velopper. »