🇫🇷 Migrants : pour Collomb, la France ne pourra «pas donner un avenir à tout le monde»

Alors que le futur projet de loi sur l’immigration suscite toujours les critiques au sein de nombreuses associations, Gérard Collomb a déclaré qu’il était contraint de trier les migrants en raison de leur nombre et de leur coût.

Interrogé le 11 février sur la politique migratoire du gouvernement dans l’émission Questions politiquessur France Inter/Francetvinfo/Le Monde, Gérard Collomb a estimé que la France ne pouvait plus accueillir davantage de migrants qu’elle n’en accueille actuellement.

«Je ne me donne pas de chiffre [sur le nombre d’Ă©trangers Ă  expulser]. Mais je ne peux pas faire en sorte que d’annĂ©e en annĂ©e, on ait une augmentation de manière exponentielle. L’annĂ©e dernière, on a eu 100 000 demandes d’asile, c’Ă©tait +7% par rapport Ă  l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente qui elle-mĂŞme Ă©tait en augmentation de +23% par rapport Ă  l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente», a dĂ©clarĂ© le ministre de l’IntĂ©rieur.

Pour justifier la volontĂ© affichĂ©e du gouvernement de rĂ©duire le nombre de migrants accueillis sur territoire français, il a rappelĂ© que le coĂ»t annuel du dispositif d’asile et des centres d’hĂ©bergement d’urgence Ă©tait de deux milliards d’euros chacun. «On ne peut faire de manière exponentielle un accueil vis-Ă -vis de tout le monde, comme un certain nombre de gens le voudraient. Ils disent « on n’a pas besoin de faire un tri, on ne doit pas choisir entre ceux qui ont besoin de l’asile et les migrants Ă©conomiques ». Si ! On est obligĂ© de le faire parce qu’Ă  un moment donnĂ©, nous ne pourrons pas donner un avenir Ă  tout le monde», a-t-il ajoutĂ©.

Le recensement dans les centres d’hébergement d’urgence au milieu de la controverse

DĂ©criĂ©e par les associations et une partie de la classe politique française, la circulaire sur le recensement des rĂ©fugiĂ©s et migrants dans les centres d’hĂ©bergement a Ă©tĂ©, Ă  cette occasion, une nouvelle fois farouchement dĂ©fendue par le locataire de la place Beauvau. Ce dernier a justifiĂ© cette mesure en soulignant qu’en dehors «des rĂ©fugiĂ©s qui mĂ©riteraient de sortir de ces centres» et des «dĂ©boutĂ©s du droit d’asile […] qui auraient dĂ» ĂŞtre Ă©loignĂ©s», existent Ă©galement des «gens qui sont dans le « ni-ni » parce qu’on n’a pas fait ce qu’il fallait dans les annĂ©es passĂ©es et on a stockĂ© des gens qui ne sont ni acceptĂ©s ici et qu’on ne peut pas Ă©loigner non plus».

Un argument qui est loin de convaincre l’ensemble des associations qui militent pour la dĂ©fense des migrants. 26 d’entre-elles ont mĂŞme dĂ©cidĂ© le 11 janvier dernier de saisir le Conseil d’Etat dans le but d’obtenir la suspension de la circulaire. Une action menĂ©e alors quelques heures seulement avant leur rencontre Ă  Matignon avec le Premier ministre Edouard Philippe pour aborder le futur projet de loi Asile et Immigration qui sera prĂ©sentĂ© le 21 fĂ©vrier en conseil des ministres.