🇫🇷 Marseille : une enseignante rouée de coups pour un téléphone portable à Rosa-Parks

Quel vent mauvais souffle cette annĂ©e sur le collège Rosa-Parks ? ClassĂ© en Zone d’Ă©ducation prioritaire, cet Ă©tablissement de la rue de Lyon (Marseille 15e) n’est pas connu pour d’obscures raisons. Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, les incidents en sĂ©rie se multiplient avec une poussĂ©e de fièvre plus aiguĂ« depuis la fin de l’annĂ©e dernière. Courant dĂ©cembre, une enseignante se prend un jet de trousse par un Ă©lève. La dame de la loge est toujours en arrĂŞt après avoir Ă©tĂ© chahutĂ©e par un grand frère. Dans une classe adaptĂ©e, un enseignant s’est pris un coup de poing.

Summum ce lundi autour de 16 h. En dĂ©but de sĂ©ance, la prof de musique confisque le tĂ©lĂ©phone portable d’une Ă©lève de 5e. Ă€ la fin du cours, cette dernière demande Ă  le reprendre. Sans les formes et avec vĂ©hĂ©mence. L’enseignante refuse et reçoit une nuĂ©e de coups en guise de rĂ©ponse. La violence ne s’arrĂŞte pas lĂ . Poursuivie dans les couloirs de l’Ă©tablissement, elle aurait fait une mauvaise chute dans les escaliers. Sept jours d’ITT lui ont Ă©tĂ© prescrits.

Saisie de l’Inspection

« Elle a perdu conscience et ne se souvient pas de la scène », souffle l’une de ses collègues encore sous le choc. Elle n’est pas la seule. Dans un Ă©lan de solidaritĂ© et pour ne pas banaliser ce genre d’incident, le personnel a dĂ©cidĂ© de dĂ©brayer hier. Pas de cours. Tous les collĂ©giens ont Ă©tĂ© accueillis. Sauf la mise en cause dans l’affaire du tĂ©lĂ©phone. MaĂ®trisĂ©e au terme de cet Ă©pisode, elle est frappĂ©e d’une mesure conservatoire avant un rendez-vous pour un conseil de discipline. D’autres rĂ©unions la prĂ©cĂ©deront. Hier dĂ©jĂ , personnels et syndicats se sont rĂ©unis pour faire le point et alerter de la situation. L’Ă©lu PS de secteur, Henri Jibrayel, leur a tĂ©moignĂ© de son soutien. « Il est bien le seul », se dĂ©sole un professeur rencontrĂ© Ă  la sortie du collège. « On a l’impression d’ĂŞtre laissĂ© l’abandon », assure-t-il. Consciente de l’urgence de la situation, l’Inspection acadĂ©mique a envoyĂ© hier une Ă©quipe mobile de sĂ©curitĂ© et assurera une rĂ©union plĂ©nière dans le collège Rosa-Parks jeudi après-midi. Dans la foulĂ©e, parents d’Ă©lèves et corps enseignant se rĂ©uniront pour tenter d’endiguer cette violence. Bon courage. « Avec ce qui vient de se passer, c’est l’illustration qu’il n’y a plus de barrières entre la violence des quartiers et le collège », s’inquiète Julien Huard, reprĂ©sentant syndical du CNT-SO. Reste Ă  trouver la bonne trajectoire pour Ă©viter ces vents mauvais.

Le cri d’alarme

Cette agression au collège Rosa-Parks vient rallonger encore la liste des sĂ©rieux incidents survenus dans les lycĂ©es et les collèges, depuis la rentrĂ©e 2017, en particulier au nord de Marseille. Si bien qu’au courant du mois de dĂ©cembre, les reprĂ©sentants syndicaux de dix Ă©tablissements ont corĂ©digĂ© un courrier de dĂ©tresse, destinĂ© au ministère de l’Éducation nationale, au Rectorat, Ă  la RĂ©gion, au DĂ©partement et aux Ă©lus locaux. Selon eux, cette montĂ©e de violence a pris naissance dans une succession d’Ă©vĂ©nements comme « l’absence de transports en commun, d’Ă©quipements sportifs, de mĂ©decins, l’offre de formation quasi-nulle, le manque d’aide au tissu social, la perte de nombreux contrats aidĂ©s, le manque de perspective d’avenir pour les jeunes ». Ils demandaient entre autres un plan d’urgence pour les Ă©tablissements avec un renforcement des personnels, une rĂ©ponse sur l’avenir du classement « éducation prioritaire », le remplacement des contrats aidĂ©s supprimĂ©s depuis la rentrĂ©e.