🇫🇷 Cours d’arabe à Nuits-Saint-Georges (21) : la polémique ne désenfle pas

Dans nos éditions de samedi dernier, nous relations le refus du maire de Nuits-Saint-Georges, Alain Cartron, de mettre à disposition une salle municipale pour le cours Elco (enseignement de langue et de culture d’origine) de langue arabe offert aux écoliers des écoles élémentaires publiques Henri-Challand et Marie-Maignot

Aujourd’hui, dans un communiqué de presse commun, la FCPE de Côte-d’Or, la Ligue des Droits de l’Homme et la Ligue de l’enseignement se disent « choqués et indignés par la décision » de l’édile. « Il s’agit d’un droit pour les enfants et, parce qu’il s’inscrit dans le cadre de l’Education nationale, il n’a pas à dépendre du bon vouloir de chaque maire. Il n’appartient donc pas au maire de prendre position sur le bienfondé de ces cours. » expriment encore les trois organismes.

Le communiqué complet :

» Nous sommes choqués et indignés par la décision du maire de Nuits-Saint-Georges de refuser de mettre une salle à disposition de l’Éducation nationale pour des cours d’arabe ELCO (Enseignement dans la Langue et Culture d’Origine) destinés aux enfants dont les familles le souhaitent.

Il s’agit d’un droit pour les enfants et, parce qu’il s’inscrit dans le cadre de l’Education nationale, il n’a pas à dépendre du bon vouloir de chaque maire.

Il n’appartient donc pas au maire de prendre position sur le bienfondé de ces cours.

En tant qu’activités d’enseignement, ils sont soumis aux principes fondamentaux du service public de l’éducation: laïcité, gratuité et neutralité comme l’ont d’ailleurs rappelé les services académiques.

Nous pensons que, pour se construire et bien grandir, il est essentiel pour nos enfants de connaître leur origine. Avoir l’opportunité de pratiquer une autre langue que le français dans sa famille comme à l’école est une chance.

L’étayer par un apprentissage académique est une sécurité, la sécurité de construire convenablement son apprentissage pour l’utiliser au mieux professionnellement comme personnellement, la sécurité d’apprendre loin des risques de dérives et/ou de discours prosélytes.

Par-delà les prétextes mis en avant, nous nous inquiétons du sentiment de discrimination que peuvent ressentir les familles concernées, surtout lorsque l’on sait que d’autres langues, comme l’anglais sont enseignées sans contestation.

Attachés au refus de toute forme de rejet de l’autre et de xénophobie, nous ne saurions admettre qu’une langue, une culture quelle qu’elle soit, puisse être a priori considérée comme suspecte.

Ce n’est pas ainsi que nous concevons l’éducation de nos enfants aux valeurs de la République, d’égalité et de fraternité. »