Agressions de pompiers : « Il y a 20 ans, ça n’arrivait qu’en région parisienne, aujourd’hui ça s’est répandu »

Ils ont signé pour secourir la plus grande détresse, les pires accidents… Mais les pompiers, sollicités sur tous les fronts de l’urgence, sont de plus en plus victimes d’agressions ou d’insultes qui finissent par peser sur leur engagement.

Samedi dernier, dans un quartier dit sensible de Nîmes, une ambulance envoyée pour un feu de scooter a été accueillie par des jets de pierres, parpaings et cocktails molotov dont l’un aurait, à 15 centimètres près, pu enflammer l’habitacle avec les trois pompiers à bord. Le même week-end, d’autres agressions de pompiers ont été recensées, notamment à Nieuil (Charente) et Saint-Denis (région parisienne). Au congrès national annuel des sapeurs pompiers, qui se tient jusqu’à demain à Ajaccio, tous les professionnels confirment la hausse de ces agressions d’année en année.

En 2015 (dernières statistiques officielles), 1 939 pompiers avaient déclaré avoir été victimes d’une agression en intervention, soit 21 % de plus qu’en 2014, et 80 % de plus qu’en 2009.

Le premier type d’agression n’est pas nouveau : les guets-apens dans des quartiers de ville ou banlieue « à risques », visant des pompiers appelés pour un feu de scooter ou de poubelle. « Sauf qu’il y a 20 ans ça n’arrivait qu’en région parisienne, aujourd’hui c’est beaucoup plus répandu, souvent des groupes de jeunes qui veulent protéger leurs petits trafics », explique Patrice Beunard, président du SNSPP-PATS-FO, deuxième syndicat de la profession.