🇫🇷 [vidéos] 9ème nuit d’émeutes à Mantes-La-Jolie (78) Les médias n’en parlent pas

Depuis l’arrestation controversée d’un jeune homme du Val Fourré, à Mantes-la-Jolie, il y a une dizaine de jours, le quartier s’embrase à la nuit tombée, et la police est régulièrement la cible de jets de projectiles. Nouvelle illustration, dans la nuit de samedi à dimanche, où un cocktail Molotov s’est même embrasé sur un véhicule de patrouille. La scène, filmée par des habitants, est visible sur Internet.

La nuit a encore été agitée au Val Fourré. Samedi, vers 22 h 30, deux fourgons de police qui circulaient dans le quartier ont été pris à partie par un groupe de plusieurs dizaines d’individus. La scène a été filmée par des habitants et relayée sur les réseaux sociaux.

Les émeutiers à l’attention des policiers : « On est chez nous ! »

L’un des véhicules de patrouille a d’abord été la cible d’un tir de mortier. Quelques policiers, casqués et retranchés derrière des boucliers, sont ensuite descendus pour tenter de faire régner l’ordre, sous les insultes et les tirs de mortiers. Un cocktail Molotov a même éclaté à quelques mètres d’eux, sans faire de blessé. On entend aussi les fauteurs de trouble se réjouir au moment des explosions, scandant des « On est chez nous ! ».

Les fonctionnaires ont répliqué avec leur Flash-Ball et des grenades de désencerclement. Sur les vidéos qui circulent sur Internet, on peut apercevoir notamment un groupe de quelques assaillants, encapuchés, en train de lancer des projectiles sur un véhicule de police. On voit aussi très nettement un cocktail Molotov exploser sur le pare-brise d’une des fourgonnettes, alors que les membres des forces de l’ordre, en trop petit nombre, battent en retraite.

« Le combustible contenu dans la bouteille brûle. Une fois qu’il n’y en a plus, ça s’éteint », souligne une source policière. Là non plus, il n’y a heureusement pas eu de blessé. « Cette attaque, d’une grande intensité, a été relativement brève dans le temps », ajoute cette source. Personne n’a pour l’instant été interpellé après cet événement.

L’arrestation qui fait polémique

Ces nouvelles échauffourées s’inscrivent dans un climat de très vive tension au Val Fourré, depuis l’arrestation controversée d’un habitant du quartier, le 7 novembre dernier. Un jeune homme de 27 ans, grièvement brûlé aux mains par un chauffage d’appoint lors de son transport au commissariat, a déposé plainte contre les policiers et les accuse de violences et d’insultes à caractère raciste. L’IGPN, la police des polices, est saisie de l’enquête. Le jeune homme est quant à lui poursuivi pour outrage, rébellion et détention de stupéfiants. Il se serait montré agressif envers les fonctionnaires au moment de son interpellation, tentant notamment de mordre l’un d’eux. Quelques grammes de haschich ont également été retrouvés en sa possession.

Embuscade, incendie, stock de projectiles…

Depuis, les nuits se suivent et commencent à se ressembler dans le quartier. Lundi 13 novembre, une embuscade a été tendue aux forces de l’ordre, rue Marie-Laurencin, après l’incendie d’un local poubelle. Il n’y a pas eu de blessé.

Le lendemain, en pleine journée, des policiers ont découvert un tas de grosses pierres, une dizaine de bouteilles de verres vides et un rondin de bois, pouvant servir à monter un guet-apens, dissimulés à l’angle des rues Broussais et Godeau.

Dans la soirée de jeudi, des projectiles ont atteint des véhicules de police et de pompiers, intervenant sur un incendie de voiture, rue Jacques-Cartier. Un peu plus tard dans la nuit, une bouteille a été projetée sur une voiture des forces de l’ordre, depuis l’étage d’un bâtiment, rue Clément-Ader. Aucun suspect n’a pour l’heure été appréhendé après ces scènes de violence.