🇫🇷 Villeneuve-d’Ascq (59) : mariées de force, battues, violées, deux Marocaines vivant en France témoignent d’une vie d’esclave

Elles sont toutes les deux Marocaines, trentenaires et sont accompagnées dans leur reconstruction par la RIFEN, une association villeneuvoise. À l’occasion de la Journée contre les violences faites aux femmes samedi 25 novembre, nous avons rencontré ces blessées de la vie et ceux qui les aident.

Myriam* a dormi huit mois sur un tapis. C’était hier, dans la métropole lilloise. Elle s’occupait alors de la fille de son mari. « Il vivait une relation cachée avec la mère de la petite. Il m’avait épousée pour que je sois la nounou », confie la trentenaire. C’était le deuxième mari de Myriam. Une union imposée une nouvelle fois par son propre frère. […]

Même nationalité, même destin brisé. « Je n’ai jamais pu aller à l’école. J’ai dû épouser mon cousin et le rejoindre en France ». Mais c’est avec sa belle-famille qu’Hassna va vivre en Provence : « Ils m’ont pris mon passeport dès mon arrivée. J’étais là pour faire à manger et le ménage pour les sept personnes qui vivaient dans la maison », grince-t-elle. Impossible de sortir seule. Et difficile de donner l’alerte : Hassna ne parle pas un mot de français. Le mari lui rend parfois visite le week-end, pour « consommer le mariage ». Le calvaire dure sept ans. Un jour, elle hurle tant qu’on emmène Hassna chez son époux. À Paris, elle découvre un autre foyer, des enfants. « Il s’était marié avec celle qu’il aimait, un an après moi. Il m’avait épousée pour que je m’occupe de sa mère, ma tante ». […].

À Paris, elle découvre un autre foyer, des enfants. «  Il s’était marié avec celle qu’il aimait, un an après moi. Il m’avait épousée pour que je m’occupe de sa mère, ma tante  ». Hassna s’enfuit dans le Nord.

Finalement, la justice condamne le mari pour bigamie mais le tribunal ne retient pas la séquestration et les coups. La préfecture vient d’envoyer à Hassna une OQTF, une obligation de quitter le territoire français. Sans égard pour son calvaire, pour son français appris en un temps record, pour ses rêves d’avenir. Au bled, personne ne l’attend. Là-bas, une femme divorcée est une calamité.