🇫🇷 Poitiers : un clitoris géant va être installé sur le campus de l’université pour « revendiquer l’égalité femmes-hommes »

Une sculpture gĂ©ante va ĂŞtre inaugurĂ©e, vendredi, pour sensibiliser Ă  la question des violences faites aux femmes. Franceinfo a interrogĂ© l’universitĂ© et l’association Ă  l’origine de cette initiative.

Le pĂ©nis en bĂ©ton qui trĂ´ne depuis 40 ans sur le campus de l’universitĂ© de Poitiers (Vienne) aura bientĂ´t son pendant fĂ©minin. L’administration inaugure sur son campus, vendredi 24 novembre, une sculpture reprĂ©sentant un clitoris gĂ©ant, rapporte Centre Presse. L’Ĺ“uvre, en mĂ©tal, sera surplombĂ©e par les instruments de l’excision afin de sensibiliser Ă  la question des violences faites aux femmes, indique la vice-prĂ©sidente culture et vie Ă©tudiante de l’universitĂ©, Isabelle Lamothe, Ă  franceinfo. « Nous avons passĂ© une convention avec l’artiste, Matthew Ellis, qui nous fait don de cette Ĺ“uvre », prĂ©cise-t-elle.

Une réponse au pénis des Bitards

L’administration n’est toutefois pas Ă  l’origine de cette initiative, nĂ©e grâce aux Ami.e.s des femmes de la libĂ©ration. Cette association, qui lutte contre la prostitution forcĂ©e et les violences faites aux femmes, compte de nombreux Ă©tudiants dans ses rangs et collabore depuis plusieurs annĂ©es avec l’universitĂ©. Sa prĂ©sidente, Emma Crews, « parlait avec des amis du phallus installĂ© par la confrĂ©rie [estudiantine] des Bitards », raconte Ă  franceinfo PĂ©nĂ©lope Muffat, vice-secrĂ©taire de l’association.

 » Elle se demandait comment on pouvait avoir un pĂ©nis gĂ©ant sur le campus de l’université depuis si longtemps, alors que le clitoris apparaĂ®t seulement cette annĂ©e dans les manuels de sciences. »

Une amie d’Emma Crews lui a alors proposĂ© de demander Ă  son mari, sculpteur, de rĂ©aliser « un clitoris gĂ©ant » à installer sur le campus.« Elle nous a proposĂ© cette installation artistique et l’universitĂ© a bien sĂ»r acceptĂ©, dĂ©taille Isabelle Lamothe. Nous soutenons rĂ©gulièrement son association, pour l’organisation de festivals ou de soirĂ©es sur la lutte contre les violences faites aux femmes. »  L’administration ajoute que cette sculpture entre ‘ »dans le cadre de sa mission pour l’Ă©galitĂ© femmes-hommes » et de sa politique « d’amĂ©nagement du campus avec des Ĺ“uvres artistiques ».

« Une belle œuvre, qui interroge »

L’association souhaitait Ă  l’origine installer le clitoris gĂ©ant Ă  cĂ´tĂ© du phallus des Bitards. « Nous ne demandons pas que le pĂ©nis soit dĂ©gradĂ© ou enlevĂ©, souligne PĂ©nĂ©lope Muffat. Ce que nous souhaitons, c’est que les femmes soient Ă©galement reprĂ©sentĂ©es sur le campus. » La confrĂ©rie des Bitards est d’ailleurs « très contente de voir un clitoris » venir rĂ©pondre Ă  leur « blanche verge », selon la vice-secrĂ©taire des Ami.e.s des femmes de la libĂ©ration. Le Crous, propriĂ©taire du terrain oĂą se trouve le pĂ©nis en bĂ©ton, a toutefois refusĂ© que l’Ĺ“uvre de Matthew Ellis soit installĂ©e au mĂŞme endroit.

Un refus que comprend Isabelle Lamothe, pour qui il ne faut pas « mettre sur le mĂŞme plan » la sculpture et « la blague potache » des Bitards. « On est souvent dans la moralisation vis-Ă -vis de la sexualitĂ©, rappelle-t-elle. Cette Ĺ“uvre est une autre façon d’aborder cette thĂ©matique, ainsi que les violences faites aux femmes, d’un point de vue artistique et symbolique. C’est une belle Ĺ“uvre, qui interroge et peut porter ces causes. »

 » Je crois que les Ă©tudiants qui passeront devant se mettront Ă  parler du clitoris, mais aussi de la tragĂ©die de l’excision.  »

« L’affaire Weinstein et les accusations de harcèlement et d’agressions sexuels qui pleuvent en ce moment montrent qu’il est vraiment temps de revendiquer l’Ă©galitĂ© femmes-hommes, poursuit-elle. Cette sculpture est une façon de le faire. »