🇫🇷 Le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale appelle les musulmans à « s’adapter à la culture, à la législation » des pays d’accueil ou à « s’installer ailleurs »

Secretary General of the Muslim World League Mohammed Al-Issa (C) and rector of the Notre-Dame de Paris Cathedral Patrick Chauvet (R) look around as they stand on the roof during a visit to the cathedral in Paris on November 14, 2017. / AFP PHOTO / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale appelle les musulmans à « s’adapter à la culture, à la législation » des pays d’accueil ou à « s’installer ailleurs »

Le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale (LIM), le Saoudien Mohammed al-Issa, a mis en avant vendredi à Paris le « message de modération » comme « vérité première de l’islam », et appelé les minorités musulmanes à respecter le « régime laïque » dans les pays où il existe.

Le dirigeant de l’organisation panislamique sunnite basée à La Mecque a rencontré de nombreuses personnalités ces derniers jours en France « pour parler de la vérité première de l’islam, et parvenir à une entente » sur son « message de modération », a-t-il dit lors d’une conférence de presse. Mohammed al-Issa, 52 ans, ancien ministre saoudien de la Justice, est arrivé en 2016 à la tête de la LIM, souvent considérée comme un instrument de « soft power » (diplomatie douce) du royaume protecteur des lieux saints de l’islam.

Les minoritĂ©s musulmanes « doivent s’adapter Ă  la culture, Ă  la lĂ©gislation » des pays oĂą elles vivent. Selon Mohammed al-Issa, qui Ă©tait traduit de l’arabe en français, les minoritĂ©s musulmanes dans le monde « doivent s’adapter Ă  la culture, Ă  la lĂ©gislation » des pays dans lesquels ils vivent. Il faut, dit-il, « respecter Ă©galement le rĂ©gime laĂŻque » le cas Ă©chĂ©ant, comme en France, qui compte la première population musulmane d’Europe, Ă©valuĂ©e Ă  cinq millions de fidèles. « Si vous n’ĂŞtes pas d’accord avec la loi et l’application de la loi, vous pouvez quitter ce pays et dĂ©cider de vous installer ailleurs », a-t-il dit Ă  l’adresse de ses coreligionnaires, tout en soulignant qu’ils Ă©taient lĂ©gitimes Ă  dĂ©fendre des « revendications ». « Si vous vivez en tant que minoritĂ© dans un pays, quel qu’il soit, il faut veiller Ă  ce que vous soyez une richesse pour ce pays, et certainement pas un poids », a Ă©galement dit Mohammed al-Issa.

Un soutien entier au CFCM. Estimant que « les règles religieuses doivent ĂŞtre dĂ©terminĂ©es en fonction du lieu, de l’Ă©poque et des circonstances », le patron de la Ligue islamique a estimĂ© que les imams en quĂŞte d’un avis de jurisprudence musulmane ne devraient « jamais s’adresser Ă  une autoritĂ© en dehors du pays dans lequel ils vivent ». Il a exprimĂ© son « plein soutien » au Conseil français du culte musulman (CFCM), qui doit « continuer Ă  travailler pour se faire connaĂ®tre et respecter ». InterrogĂ© sur son rapport au wahhabisme, version saoudienne et très puritaine de l’islam, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la LIM a rĂ©pondu : « Pour nous, il n’y a pas de wahhabisme. Il y a l’islam, point. » Mohammed al-Issa s’est dit hostile Ă  la fois Ă  « une forme d’ultrarigorisme », Ă  « l’extrĂ©misme idĂ©ologique » et au « terrorisme », rejetant « les Frères musulmans » comme « le salafismedjihadiste ».