🇫🇷 Le ministre de l’Intérieur avance le chiffre de 300 000 étrangers en situation irrégulière sur le territoire.

Le nombre d’Ă©trangers en situation irrĂ©gulière en France est estimĂ© Ă  « autour de 300.000 », a indiquĂ© mercredi le ministre de l’IntĂ©rieur GĂ©rard Collomb, qui a soulignĂ© que les Ă©loignements avaient augmentĂ© « de 6,5% » cette annĂ©e.

PressĂ© par les dĂ©putĂ©s de droite et d’extrĂŞme droite, lors d’un dĂ©bat Ă  l’AssemblĂ©e nationale consacrĂ© au budget 2018 de l’immigration, M. Collomb a assurĂ© qu’il n’y avait « aucun mystère dans les chiffres de l’immigration ».

« Nous pensons que nous sommes autour de 300.000 personnes en situation irrĂ©gulière », a-t-il indiquĂ©, et « nous essayons de mener une politique pour que ceux qui sont dĂ©boutĂ©s du droit d’asile puissent ĂŞtre l’objet d’une obligation de quitter le territoire ».

Le nombre de personnes en situation irrĂ©gulière est gĂ©nĂ©ralement apprĂ©ciĂ© par le biais des bĂ©nĂ©ficiaires de l’Aide mĂ©dicale d’État.

« En septembre 2017, sur les éloignements nous sommes en hausse de 6,5% » et « la hausse est de 124% » pour les « dublinés », qui sont censés retourner vers le pays européen où ils ont laissé une trace, a indiqué M. Collomb.

RelancĂ© sur les questions de rĂ©gularisation, le ministre de l’IntĂ©rieur a assurĂ© qu' »il y aura toujours des rĂ©gularisations qui se feront au cas pas cas ». Mais « si vous me demandez si la prioritĂ© est d’avoir une rĂ©gularisation massive, la rĂ©ponse est non », a-t-il ajoutĂ©, expliquant que la prioritĂ© Ă©tait « d’empĂŞcher qu’un certain nombre de migrants Ă©conomiques puissent venir » avec des accords avec les pays d’origine notamment.

« Je me rendrai en dĂ©cembre au Niger et dans un certain nombre d’autres pays » d’origine, en soulignant que d’ores et dĂ©jĂ  grâce aux « mesures drastiques » prises par les autoritĂ©s nigĂ©riennes, « la grande route des migrants » qui passait par Agadez au Niger « n’est plus empruntĂ©e ».

Le texte prĂ©voit une hausse de 26% Ă  1,38 milliard d’euros des crĂ©dits dans le projet de loi pour la mission « immigration, asile et intĂ©gration », car « nous voulons une meilleure intĂ©gration » des rĂ©fugiĂ©s, via notamment l’apprentissage du français, le logement ou l’insertion sociale et professionnelle, a rappelĂ© M. Collomb.

Le gouvernement souhaite aussi « raccourcir les dĂ©lais d’examen de la demande d’asile » qui sont « bien trop longs » aujourd’hui, avec la crĂ©ation de 15 postes Ă  l’Ofpra (Office français de protection des rĂ©fugiĂ©s et apatrides), de 35 Ă  l’Ofii (Office français de l’immigration et de l’intĂ©gration) et de 51 Ă  la Cour nationale du droit d’asile (CNDA).

La hausse du budget doit notamment financer la crĂ©ation de 7.500 places d’hĂ©bergement pour les demandeurs d’asile en 2018 et 2019. Le texte approuvĂ© prĂ©voit aussi, pour maĂ®triser les dĂ©penses, de rĂ©duire d’un mois la durĂ©e de versement de l’allocation pour demandeurs d’asile (ADA) aux personnes dĂ©finitivement dĂ©boutĂ©es de leur demande.

« Il n’est pas cohĂ©rent » que ces personnes bĂ©nĂ©ficient de cette allocation « après que la dĂ©cision dĂ©finitive sur leur statut a Ă©tĂ© notifiĂ©e », a estimĂ© M. Collomb.

Les dĂ©putĂ©s ont approuvĂ© un amendement prĂ©cisant que, lorsqu’un refus d’entrĂ©e a Ă©tĂ© prononcĂ©, les frais de prise en charge et de rĂ©acheminement de l’Ă©tranger « incombent Ă  l’entreprise de transport qui l’a dĂ©barquĂ© en France » — une prĂ©cision rĂ©dactionnelle visant Ă  faciliter l’Ă©tablissement de cette redevance aujourd’hui frĂ©quemment avancĂ©e par l’Etat et jamais remboursĂ©e.